P R E M I E R    C O M M U N I Q U E

Cher( e)s ami(e) s signataires de « Raison Garder »,

Nous sommes sûrs que vous suivez, comme nous, avec intérêt, avec passion, le parcours de l' Appel intitulé « Raison garder » que nous vous avons lancé.

Au moment où nous allons franchir les 8500 signatures, il importe que nous nous adressions directement à vous pour un premier point.

D’abord, pourquoi, au vu de ce résultat, tenter de renverser les rôles ? C’est avec des moyens dérisoires, que nous vous avons lancé cet appel pour répliquer à celui de J Call- Shalom Archav, préparé à Bruxelles, de longue main, en catimini, avec des moyens importants, et qui laissait prévoir une déferlante médiatique de dimension européenne.

Il n'est pas besoin de revenir sur nos objections de fond et de méthode, intellectuelles et humaines. Elles sont contenues dans notre propre appel qui est désormais le vôtre et qui doit être entendu en tant que tel.

En effet depuis que « Raison Garder » a été lancé, répétons le, sans aucun autre appui que celui de notre conscience, vous êtes à présent des milliers à y avoir répondu. C’est une véritable lame de fond montant de l’opinion. Si vous n'avez pas eu le temps de consulter la liste des signataires, sachez qu'ils viennent du monde entier, de New York à Paris, de Bangkok à Londres, de Montréal à Milan, du Brésil, d’Espagne, de Belgique, et... et bien sûr d'Israël. Toutes les classes d'âge, toutes les professions, toutes les conditions sociales y sont représentées. De nombreux non-Juifs s'y reconnaissent. D'éminentes personnalités nous confortent et nous honorent de leur soutien, et même un Compagnon de la Libération. Quel maître-idéologue pourrait les regarder de haut? Quel dirigeant digne de ce nom ne sentirait pas que se fait jour un considérable espoir dans la paix, certes, mais dans une paix lucide ? Quel responsable de média, écrit ou télévisé, pourrait dénier un événement tellement révélateur et de si grande portée pour l’avenir ? Déjà l’on sent des rééquilibrages se produire, comme dans le Corriere della Sera (7 mai 2010). Grâce à vous, ce n’est qu’un commencement.

Un appel analogue, en connexion avec le nôtre, est lancé en Italie (1). En Allemagne des voix convergentes se font entendre et une traduction de notre déclaration circule. Notre appel est en ligne aux États-Unis. Il est traduit en hébreu. La version dans ces trois langues vient d’être postée sur notre site. Vous retrouverez ces nombreux noms nouveaux dans la liste des signataires. « Raison garder » prend donc une dimension non seulement européenne mais également internationale. A notre tour, le moment viendra de nous faire entendre au Parlement européen. Il ne faut pas s'y tromper: ce n'est pas une saute d'humeur mais un mouvement profond. C’est une attitude morale et intellectuelle murement réfléchie qui se constitue et elle s’exprime clairement.

Non, une solution de paix durable au Moyen Orient ne passe pas par des pressions sur la démocratie israélienne et sur son gouvernement légitime, contrôlé par une opposition vivace. Non, celle solution ne passe pas par une nouvelle partition de Jérusalem qui produirait les mêmes désastreux méfaits que les retraits du Liban et de Gaza, immédiatement exploités par le Hezbollah et le Hamas.

En revanche, oui, il faut mettre un terme réel et définitif à la menace nucléaire couplée au terrorisme mondial de la République islamique d'Iran, d'un Iran fanatisé, qui nie la Shoah, menace d'extermination l'État d'Israël mais qui voudrait également exercer son emprise sur toute la région. L'Iran nucléaire, est un danger pour la paix mondiale. Même l’Europe est à portée de ses missiles.

Oui, il faut que la Syrie et le Liban optent clairement pour la paix et que leur territoire ne soit plus utilisé comme base d'agression ou comme terre d'asile pour le terrorisme régional et mondial.

Oui, il faut que l’Autorité palestinienne reconnaisse sans ambigüité la légitimité de l’État d’Israël, et sorte sa société civile d’une culture de guerre.

Or l'Administration Obama louvoie, tergiverse, lanterne. Elle se défausse de ses véritables responsabilités sur un bouc émissaire. La partie palestinienne s'est convaincue qu'elle a pris son parti et qu'elle défendra ses vues. Quant à l’Union Européenne, elle doit jouer son rôle principal qui est de médiation et ne pas se faire la caisse de résonance ou le champ de manœuvres des mouvements fanatisés qui prônent le boycott et s’acharnent à la délégitimation d’un État membre de l’ONU.

C'est pourquoi il importe qu'enfin une autre voix se fasse entendre que celle du prêt-à-penser et des idéologies fourbues qui s'y rapportent.

L’opinion vaste, profonde et lucide, à laquelle notre mouvement donne corps doit pouvoir trouver sa place dans le débat contemporain, dans la dignité et la légitimité qui ne sont en effet l’apanage de personne. Sa portée dépasse la question d’Israël. Celle-ci est en effet devenue un symbole qui cristallise les attitudes envers un certain nombre de défis politiques contemporains, notamment en Europe. En cela, notre déclaration est ouverte aux signataires de toutes origines.

C’est une de ses plus grandes originalités.

Il est des exigences cruciales. Celles que nous vivons le sont. Nous tous et nous toutes y ferons face dans le strict respect des responsabilités de chacun et de chacune d'entre vous.

En ce sens, ne relâchons pas notre effort,

Continuons à diffuser cet appel.

Les signataires de l’Appel « Raison Garder »

Le 11 mai 2010

(1) A l’appel de Fiamma Nirenstein, députée italienne, vice présidente de la commission des affaires étrangères de la chambre des députés italienne (http://fiammanirenstein.com/articoli.asp?Categoria=11&Id=2363).


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